Le Projet sur la résistance aux antimicrobiens en Afrique de l’Ouest (AMRIWA) porté par les Finlandais, est un consortium inscrit dans le but de réduire les menaces mondiales pour la santé humaine liées à la résistance aux antimicrobiens (RAM). Durant quatre ans (2018 à 2021), ce projet sera réalisé au Bénin, Burkina, Mali et en Finlande.

En effet, la résistance aux antimicrobiens a augmenté de manière rapide et particulièrement dans les pays en développement qui manquent de politique de contrôle dans l’utilisation des antibiotiques et une absence d’infrastructures adéquates ce qui favorise la circulation des gènes de résistance entre l’environnement, les animaux et l’homme. Le présent projet portera sur les flux de gènes de la résistance aux antimicrobiens en Afrique de l’Ouest, une région qui présente de nombreuses lacunes en données d’expertise microbiologique, sociologique et médicale pour explorer l’évolution et le transfert des gènes de résistance entre l’eau, le sol, les animaux, l’alimentation et l’homme (approche One Health). L’approches microbiologique et sociologique mèneront à de nouvelles connaissances sur la propagation des gènes de résistance, combinant les connaissances clés des chercheurs ouest-africains aux nouvelles méthodes des chercheurs du Nord. La méthode de recherche utilisée sera le séquençage du génome entier. Les objectifs microbiologiques du consortium sont de :

• déterminer la quantité et les espèces hôtes de gènes de RAM dans l’environnement, qui sont retrouvés dans les infections humaines.

• étudier la présence de gènes de RAM et leur lien avec les gènes de virulence chez l’homme dans les milieux de soins de santé.

• utiliser la modélisation statistique pour comprendre l’évolution des gènes de RAM et de leur virulence

• produire une base sur les actions clés pour la surveillance et le contrôle de la résistance aux antimicrobiens ainsi que fournir des options de traitement clinique en Afrique de l’Ouest.

• identifier les lacunes dans les ressources et les savoirs qui pourraient être abordés afin de prévenir la propagation de la RAM.

L’équipe de recherche de l’URMAPha est le partenaire Béninois de ce consortium. A travers la réalisation de ce projet, divers gènes de RAM dans l’environnement (par exemple, les eaux usées et d’irrigation, les fèces) seront explorés. Des recherches de pointe seront menées dans la région avec le soutien des partenaires internationaux travaillant sur la RAM, renouvelant ainsi la compréhension de la RAM et de son évolution.

 Deux types de matériel microbiologique seront collectés au Bénin. Egalement, deux types d’environnements habités seront examinés: villages de campagne et bidonvilles urbains. Les échantillons environnementaux sont constitués des échantillons principalement d’eau, mais également des échantillons de sol et de nourriture. Dans les zones rurales, les régions impliquées sont telles que Grand Popo, Bohicon, Sèmè-kpodji, Ouidah. Quant aux Bidonvilles urbains, Cotonou et Porto-Novo seront impliqués.

Au terme de ce projet, les problèmes environnementaux importants seront détectés, de même que les réservoirs de gènes AMR et leurs voies de transfert à l’homme. En outre, le processus d’évolution des gènes sera connu suite à la comparaison des gènes détectés ou leurs précurseurs aux gènes des isolats humains.

Carrières de recherche et formation de chercheurs

L’un des grands objectifs de ce projet est de promouvoir le développement de carrière des jeunes scientifiques, en particulier les doctorants et post-doctorants africains par le biais de formations professionnelles. Les doctorants et post-doctorants des institutions partenaires africaines se verront offrir de nombreuses occasions de visiter les institutions européennes. Ceci leur permettra d’effectuer des travaux de laboratoire ou d’autres travaux scientifiques pendant une période de 1 à 6 mois. Ils seront formés en Finlande aux techniques d’analyse de l’ADN (PCR quantitative, par exemple) et à la bio-informatique.

Une attention particulière sera accordée à l’encouragement des femmes à participer aux activités du projet. Ce projet favorisera la participation des étudiantes au doctorat / post-doctorantes (Présentation à 50%) pour apprendre de nouvelles techniques, visiter Europe, un réseau au sein du consortium.